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05 septembre 2011

"Pour la zone euro, c'est aujourd'hui l'heure de vérité"

Retrouvez des extraits de l'interview de François Pérol de l'édition des Echos du 5 septembre 2011

 

Contexte



" L'inquiétude actuelle repose sur la crainte d'un ralentissement voire d'une récession aux États-Unis et en Europe, sur l'approfondissement de la crise de la dette souveraine dans la zone euro et en Europe, et sur les doutes concernant la capacité des États-Unis et des pays européens à prendre les décisions qui s'imposent pour réduire les déficits publics. D'où la nervosité des marchés...C'est très différent de 2008, aussi, pour une autre raison. Les banques sont mieux capitalisées. Les ratios de fonds propres durs des quatre plus grands établissements français ont ainsi augmenté d'un tiers entre décembre 2008 et juin 2011."

Des banques françaises solides

" Les banques françaises sont pour leur part en mesure de faire face aux nouvelles exigences réglementaires. Elles ont les reins solides. Les cinq principaux établissements de l'Hexagone ont dégagé 32 milliards de résultat net depuis janvier 2010 qui, pour l'essentiel, sont mis en réserve pour renforcer leurs fonds propres ou ont servi à financer l'activité nouvelle. Ces résultats sont produits par un modèle économique solide, celui de la banque universelle diversifiée. Et les banques françaises vont continuer de renforcer leur capital à un rythme plus rapide que celui exigé par les régulateurs de Bâle : elles dépasseront le seuil de fonds propres de base dès 2013 alors qu'elles ont normalement jusqu'en 2019 pour l'atteindre."

Les conditions d’un retour à la confiance

" La question primordiale est de savoir si le potentiel de croissance de l'économie américaine est profondément atteint et si l'on connaîtra un ralentissement ou bien une récession. Je suis de ceux qui pensent que les États-Unis... ont des ressorts pour y parvenir. L'autre grande interrogation porte évidemment sur la zone euro. La crise de la dette y est globalement moins aiguë qu'aux États-Unis mais, paradoxalement, ses conséquences sont plus graves qu'aux États-Unis. Les doutes se focalisent sur la capacité des États européens à mettre en place une gouvernance commune capable de résoudre le problème. Les mesures adoptées le 21 juillet sont une première étape. Mais l'important maintenant c'est de les mettre en oeuvre."

Réguler les marchés financiers

" Alors que la régulation des acteurs s'est fortement accrue depuis 2008, celle des marchés reste insuffisante. Les marchés des produits dérivés, par exemple, sont complètement déconnectés des marchés physiques et ils manquent de transparence. Je ne trouve pas logique que le volume des échanges sur les contrats de protection sur le défaut d'une entreprise ou d'un Etat (CDS) atteignent des montants qui n'ont plus rien à voir avec les volumes échangés sur les sous-jacents. Il faut rétablir des limites. Je pense que de toutes les réformes lancées après la crise financière de 2008, celle sur les marchés dérivés est la moins avancée. Il ne faudrait pas qu'elle se fasse à moitié."

Liquidité

" Hormis le refinancement en dollars qui est nettement plus tendu, la liquidité en euros ne pose pas de problème et les banques peuvent aussi satisfaire leurs besoins dans d'autres régions du monde. Les établissements bancaires ont exécuté leur programme de financement 2011 à plus de 90 % en moyenne. Et la Banque centrale européenne a les moyens d'intervenir si besoin est. Il y a une forme de suspicion qu'il faut absolument lever : les banques françaises produisent beaucoup d'actifs qui peuvent servir de garantie en échange de liquidités... "

Impact de Bâle III sur le financement de l’économie

" Nous n'avons cessé d'appeler à la vigilance sur ce point et à la nécessité de trouver un juste équilibre entre sécurité et utilité du système bancaire. Il ne fait pas de doute que nous nous adapterons aux règles imaginées par le régulateur mais il ne faudrait pas que cela se fasse à un prix insupportable pour l'économie. Le calibrage des ratios de liquidités est particulièrement crucial en période de ralentissement économique. Le projet de directive européenne prévoit à juste titre une période d'observation permettant de faire évoluer ce dosage mais si tel n'est pas le cas in fine, le métier historique de transformation des banques européennes sera bridé ; et il faudra forcément modifier d'autres paramètres si l'on veut éviter un rationnement de l'offre de crédit. "

A propos de l’emploi

" Le secteur bancaire dans son ensemble est l'un des premiers employeurs en France avec près de 30.000 recrutements par an. Ces embauches devraient se poursuivre à un rythme élevé."

Taxe sur les transactions financières

" Il faudrait que son champ d'application soit le plus large possible pour éviter les distorsions de concurrence. Une taxe seulement européenne ne serait donc pas adaptée."

Normes comptables et dette grecque

" Le traitement comptable de la dette grecque a été validé par les commissaires aux comptes et il correspond à une recommandation de place. "

Bilan du mandat

" La FBF a repris la parole au travers de trois campagnes de communication pour expliquer à l'opinion publique notre rôle dans l'économie. Alors que l'image des banques n'avait cessé de se détériorer depuis 2007, c'est en effet la première fois, cette année, qu'elle s'améliore : 58% des Français interrogés affirment avoir une bonne image du secteur... Enfin, et surtout, les banques françaises ont fait leur métier, qui est de prêter à leurs clients, particuliers, entreprises, collectivités locales - les encours de crédits ont augmenté de 6 % depuis un an - et protéger leur épargne."

 
 
 
 
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