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15 décembre 2014

Marie-Anne Barbat-Layani : "C’est le bon moment pour investir, pour aller voir sa banque avec un projet"

Retrouvez l'interview de Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF, qui était l'invitée de l'économie d'Emmanuel Kessler le 12 décembre 2014 sur LCI.

 

Emmanuel Kessler

Avec nous sur ce plateau, Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française, qui regroupe l'ensemble des établissements bancaires de notre pays. Bonsoir.


Marie-Anne Barbat-Layani

Bonsoir Emmanuel Kessler.


Emmanuel Kessler

Alors on l'a vu, nous sommes dans une période de nervosité, d'incertitude sur les marchés, sur l'avenir de l'économie et pourtant, il semblerait, quand on regarde ce que disent les établissements bancaires, que nous n'ayons pas de problème de distribution du crédit en France. Le crédit continue de progresser ? Où en est votre relevé de l'évolution des crédits ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors les crédits évoluent très positivement en France puisqu'on a un taux d'augmentation des encours de crédit qui est de 2,5 %, 2,6 % pour les entreprises, ce qui est vraiment la priorité numéro un des banques françaises aujourd'hui : financer l'économie, financer les entreprises. Et donc c'est des taux qui sont très bons. Evidemment on pourrait toujours espérer plus mais compte tenu de la situation, on voit que c'est très au-dessus du taux de croissance par exemple et c'est aussi des taux qui se comparent très favorablement à ce qu'on observe ailleurs en Europe puisque globalement le crédit est en contraction dans la zone euro, à moins 1,8 %, et même en Allemagne qui est un pays dont l'économie va très fort en ce moment, + 1,3 %. Donc le moteur du crédit fonctionne très bien en France. C'est un bon moment pour investir !


Emmanuel Kessler

Et pourtant l'INSEE nous dit que la croissance reste en panne et qu'à l'intérieur de la croissance, l'investissement, notamment l'investissement des entreprises, ne bouge pas, voire recule.


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors on a une demande clairement qui n'est pas très importante, c'est-à-dire que l'accès au crédit est très favorable aujourd'hui ; juste pour vous donner un chiffre, 90% des demandes de crédit d'investissement, donc on est au coeur vraiment du moteur de la croissance, 90% des demandes de crédit d'investissement des PME sont acceptées aujourd'hui dans les banques françaises.


Emmanuel Kessler

Il n'y a pas de frilosité ou de refus ou de dossiers qui passent plus difficilement ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Il y a surtout une demande qui est assez faible. Il y a seulement 20 % des entreprises qui ont demandé un crédit d'investissement, 20 % des PME...


Emmanuel Kessler

C'est ça... on manque de projet mais une fois qu'on a un projet, on arrive à le financer !


Marie-Anne Barbat-Layani

Oui et on le finance dans de très bonnes conditions, donc les taux sont bas ; l'accès est très ouvert. Donc je crois que le message qu'on peut vraiment passer, c'est que c'est un bon moment pour investir, pour aller voir sa banque avec un projet.


Emmanuel Kessler

Et là-dessus, la France est plutôt en meilleure situation que d'autres pays, ce qui explique que les banques françaises ne se précipitent pas au guichet de la BCE, on a vu que son offre de crédit hier encore n'a pas été vraiment un franc succès et pour les banques françaises, il n'y a pas d'enthousiasme à y aller.


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors les banques françaises y sont allées, elles y sont allées mais en fonction de leurs besoins. C'est vrai qu'on a peut-être moins de problèmes de financement à la fois du côté des banques et du côté du financement de l'économie dans un pays comme la France que dans d'autres pays de la zone euro où on observe une forte contraction du crédit. Par exemple en Espagne, le crédit s'est contracté de 10% et dans la zone euro globalement, moins 1,8 %. Donc nous, on est en positif.


Emmanuel Kessler

Marie-Anne Barbat-Layani, on parlait des entreprises, il faut aussi parler des particuliers avec notamment pour le crédit immobilier, des taux qui n'ont jamais été aussi bas - on tourne autour de 2,5 % sur quinze-vingt ans parfois - au point que certains se demandent si on n'a pas atteint un plancher, si là vraiment on n'est pas au plus bas et s'il ne faut pas s'attendre d'ailleurs d'ici six mois à ce que ça remonte.


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors écoutez, moi je ne fais pas de prédictions. Tout ce que je peux dire, c'est que c'est vrai qu'aujourd'hui les taux sont particulièrement attractifs ; donc là aussi c'est vrai pour les entreprises, c'est vrai pour les particuliers, c'est vraiment le moment d'investir et d'avoir des projets ; le taux moyen, c'est 2,38 % sur le crédit immobilier, donc c'est effectivement très bas ; c'est un vrai soutien qui existe aujourd'hui sur le marché immobilier en France.


Emmanuel Kessler

Mais est-ce que les banques ne sont pas allées trop loin ? Le message de la Banque de France serait de dire : attention parce que vous vous livrez à une concurrence pour capter de la clientèle mais vous vous mettez peut-être en risque pour plus tard. Est-ce que vous êtes d'accord qu'il faut que les banques fassent aussi attention dans une espèce de dumping sur les taux ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors deux choses : d'abord, les banques françaises sont solides. On vient de passer un exercice extrêmement approfondi de revue des bilans bancaires et de stress-tests, c'est-à-dire une sorte de test d'effort, qui ont confirmé avec un regard extérieur qui est celui de la Banque centrale européenne, la grande solidité des banques françaises. Donc les banques françaises sont solides. Ensuite sur les taux de crédit, écoutez, tant mieux pour le client et ça prouve qu'on est un secteur très concurrentiel, il y a beaucoup de concurrence entre les banques, c'est au bénéfice du client.


Emmanuel Kessler

Mais il n'y a pas des excès dans cette concurrence qui mettent en risque à long terme, quand il y aura une remontée des taux, les banques, non, vous ne croyez pas ?


Marie-Anne Barbat-Layani

C'est justement un des éléments qui a été regardé dans le cadre des stress-tests, donc on est capable de résister, je vous rassure.


Emmanuel Kessler

UFC Que choisir est monté au créneau cette semaine pour déplorer le manque de mobilité bancaire. Vous faisiez des comparaisons européennes. Il y a 2 % des gens qui changent de banque chaque année, c'est 10 % en Europe. Ils disent qu'il faudrait que dans cette fameuse loi MACRON, il y ait des mesures pour pousser un peu le mouvement ; est-ce que vous êtes prête à ce qu'il y ait des mesures dans le projet de loi MACRON sur ce thème-là ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors d'abord les Français sont assez attachés à leur banque. On fait chaque année un sondage et il y a 77 % des Français qui ont une image positive de leur banque. Donc là une des premières pour lesquelles ils ne changent pas de banque...


Emmanuel Kessler

Ils n'ont pas forcément une image positive des banques en général mais ils ont une image positive de leur banque !


Marie-Anne Barbat-Layani

Alors ils ont une image positive des banques en général, je m'inscris totalement en faux - 64 % des Français, ça a même beaucoup remonté l'année dernière - donc on est en train de remonter en image après la crise financière, c'est très positif. Et quant à la mobilité, il y a un service d'aide à la mobilité bancaire qui existe depuis 2009 en France. Donc les gens qui veulent changer de banque, peuvent le faire gratuitement, avec ce service d'aide à la mobilité, qui a d'ailleurs déjà été inscrit dans la loi. Donc il n'y a pas besoin de loi nouvelle, c'était dans la loi de mars 2014, la loi HAMON en fait.


Emmanuel Kessler

Alors normalement les négociations dans la branche bancaire, vous savez, dans le cadre du pacte de responsabilité, doivent se tenir pour la prochaine le 19 décembre. Est-ce qu'elle aura bien lieu le 19 décembre, après que les banques ont semblé vouloir faire une forme de chantage puisqu'on leur a donné des surtaxes supplémentaires, elles ont dit : on va suspendre les discussions. Est-ce que ces négociations vont bien avoir lieu ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Oui, ces négociations ont lieu, elles sont engagées...


Emmanuel Kessler

Le 19 ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Le 19... Elles ont été engagées depuis plusieurs mois...


Emmanuel Kessler

Il n'y a plus de suspension...


Marie-Anne Barbat-Layani

Il n'y a pas de suspension. Il y a eu un report de la réunion ; donc elle était prévue le 26, il y a eu une réunion le 26 d'ailleurs sur d'autres sujets avec les organisations syndicales puisque le dialogue social est très vivant dans la branche, il y a plein de sujets et sur le pacte de responsabilité lui-même, ça a été reporté au 19 parce qu'effectivement, on a eu un certain nombre de très mauvaises nouvelles sur les charges qui pèseront sur le secteur bancaire et qu'on était conduit à revoir nos évaluations de la situation du secteur pour pouvoir conduire... poursuivre les discussions.


Emmanuel Kessler

Est-ce que vous jouerez le jeu des embauches en contrepartie - c'était un peu l'idée - de ce fameux CICE dont les banques bénéficient aussi, même si elles ont plus de revenus supérieurs à 2,5 SMIC que d'autres secteurs comme la grande distribution.

Marie-Anne Barbat-Layani

Nous jouons le jeu, nous travaillons avec les organisations syndicales notamment sur les embauches et donc oui, nous jouons le jeu. Il faut savoir quand même, je tiens à le dire, que pour le secteur bancaire, sur la période du pacte de responsabilité, les augmentations de charges sont très supérieures aux allégements de charges dont nous allons bénéficier.


Emmanuel Kessler

Et alors en ce qui concerne les embauches, je crois qu'il y a eu en 2013, 24.000 embauches - je ne sais pas quels sont les chiffres de 2014 - pour les années à venir, on va vers plus d'embauches ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Pour les années à venir, on va continuer à embaucher, on est vraiment en France un des secteurs qui embauche, qui embauche en plus dans de bonnes conditions ; on embauche beaucoup de jeunes bien sûr...


Emmanuel Kessler

Et vous pensez que le chiffre va être dépassé ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Je ne pense pas que ce chiffre sera dépassé, je pense que le contexte est plus dur aujourd'hui ; donc on travaille aux propositions qu'on va pouvoir faire en la matière mais ce chiffre ne pourra pas être dépassé.


Emmanuel Kessler

Parce qu'il y a aussi des suppressions d'agences...


Marie-Anne Barbat-Layani

Parce qu'il y a beaucoup de choses qui évoluent. D'abord effectivement on a un secteur qui subit beaucoup de prélèvements, à la fois au niveau national mais aussi pour constituer le Fonds européen de résolution - on pourra en parler si vous le souhaitez - mais il y a aussi l'évolution du digital qui modifie fondamentalement la relation entre les banques et leurs clients ; et puis c'est vrai que compte tenu de la situation économique, on observe que la banque de détail en France ne marche pas très très fort en ce moment.


Emmanuel Kessler

Mais les banques continueront d'embaucher, c'est le message...


Marie-Anne Barbat-Layani

Les banques continueront d'embaucher.


Emmanuel Kessler

C'est le message que vous nous donnez ce soir. Merci beaucoup Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française. 20 :26 :43 FIN<

 
 
 
 
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