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05 septembre 2011

"Les banques françaises sont saines"

Interview d'Ariane Obolensky sur BFM Business

 

Extraits de l'interview :



HEDWIGE CHEVRILLON

Merci d'être avec nous. Vous êtes directrice générale de la Fédération Bancaire Française. Beaucoup, beaucoup d'inquiétudes, vous le voyez, sur le marché depuis ce matin, sur les banques européennes, notamment sur les banques françaises, notamment sur la société générale. Qu'est-ce qui se passe AO ?

ARIANE OBOLENSKY

Je crois qu'il faut démystifier cela. Il y a effectivement, on le voit bien, une grande nervosité des marchés, une grande inquiétude sur les valeurs bancaires, et pas seulement en France. Ce matin deux grandes banques britanniques, RBS et Barclays, dévissaient, selon un terme qui a été employé, au moins autant que la Société Générale. Mais il n'y a pas que les valeurs bancaires, c'est toutes les valeurs qui sont liées à la conjoncture économique, car, en réalité, on assiste à une espèce de réévaluation, par le marché, des perspectives de croissance, liées aussi à une situation américaine qui est peut-être plus mauvaise que ce qu'on avait en tête, et puis une situation spécifique de la zone euro qui ne s'est pas autant arrangée qu'on aurait souhaité qu'elle le fasse. Donc il y a deux facteurs qui font un petit peu, si vous voulez, la vague monstrueuse, qui expliquent qu'il y ait effectivement une nervosité trop grande des marchés.

[...]

HC

C'est ce que dit Christine Lagarde, elle dit il faut recapitaliser, elle l'a même re-redit.

AO

Je peux parler pour ce que je connais le mieux, c'est-à-dire les banques françaises, elles ont satisfait aux stress-tests, il serait bien que les autorités des différents pays, des différentes institutions, avec le respect que j'ai pour toutes, n'envoient pas des messages contradictoires. S'il y a des stress-tests on peut penser qu'ils sont sérieux, les banques françaises y ont satisfait, elles ont augmenté d'un tiers depuis la crise, ce qu'on appelle le " Core Tier 1 " de leurs fonds propres, c'est-à-dire les fonds propres les plus purs, les plus durs, ceux qui sont vraiment les amortisseurs des crises. Les banques françaises ont un portefeuille d'actifs extrêmement sain, elles sont d'ailleurs très bien cotées, parmi les meilleures banques sur cette planète, par conséquent on ne peut absolument pas dire que les banques françaises ont besoin d'être recapitalisées. J'ajoute, j'ajoute, parce que c'est important...

[...]

HC

Et quel message, à vos yeux, les banques françaises doivent-elles envoyer, ou allez-vous envoyer tout de suite ?

AO

Notre message, c'est que les banques françaises sont saines, que leur capitalisation est à la hauteur de leurs besoins, qu'elles se recapitaliseront encore selon les critères de Bâle 3, auxquels elles se conformeront plus vite que ce qui leur est demandé, que leur situation est parfaitement saine, que le financement sur les marchés est parfaitement ouvert et que les banques françaises financent l'économie française, presque 6% de croissance des crédits aux derniers chiffres.

[...]

HC

Oui, mais vous voyez bien que ce message ne suffit pas. Vous regardez l'évolution, là, de trois séances...

AO

Ce message ne peut pas suffire s'il n'y a pas des messages sur la gouvernance de la zone euro, sur la gouvernance des pays qui sont, je dirais les plus en question à l'heure actuelle, des grands pays notamment, et puis s'il n'y a pas des réponses qui sont apportées aussi au niveau américain, car il ne faut pas considérer à l'heure actuelle que le problème se situe seulement en Europe. Malheureusement, peut-être, ou heureusement, je ne sais pas, mais en tout cas il y a des problèmes aussi aux Etats-Unis, je crois que le président Obama va intervenir, et ça sera également important. [...]

HC

Est-ce que, justement, pour vous il y a quand même une petite tentative de déstabilisation ?

AO

Je ne parlerai pas de tentative de déstabilisation, je pense qu'il y a des gens qui ont aussi intérêt à sortir certaines informations parce que c'est, je dirais, plus favorable à eux, ou du moins c'est ce qu'ils pensent. Moi je crois que c'est une erreur. Je crois qu'on est tous dans le même bateau, et qu'actuellement, vraiment, la déstabilisation, s'il fallait parler d'une déstabilisation des marchés, parce que c'est vrai qu'ils sont anormalement nerveux, ça joue contre tout le monde. Ça joue contre les banques, ça joue contre l'économie réelle, et ça il faut arrêter.

[...]

HC

Est-ce que... Le président, enfin celui qui était président de la Fédération Bancaire, François Pérol, dit dans une interview aux ECHOS ce matin qu'il y a un risque, il reconnaît qu'il y a des tensions sur le marché interbancaire en dollars, sur le refinancement en dollars. Est-ce que vous les... ?

AO

C'est exact. C'est un peu plus difficile sur ce marché-là. Les banques françaises, vous savez, sont très engagées, sont leaders mondial, sur des activités très consommatrices en dollars comme le financement export, le financement des grands projets, ce sont des choses très utiles pour l'économie réelle, et elles ont des besoins en dollars. Elles n'ont pas tellement de bases de dépôts en dollars, ce qui est normal aussi, elles sont emprunteuses sur ce marché, et récemment on a vu les fonds monétaires américains se retirer de l'ensemble de l'Europe, or, les fonds monétaires américains étaient plus engagés vis-à-vis des banques françaises, qui avaient une très bonne notation. Donc une certaine... c'est plus cher, voilà, c'est plus cher, et un petit peu plus court peut-être, ceci dit on peut se procurer du dollar autrement, notamment par le marché des swap qui continue à marcher. Tout ça est très technique. Ne vous inquiétez pas, ça fonctionne, et encore une fois, les banques font leur métier.

HC

Est-ce que vous reconnaissez des tensions sur le marché interbancaire ?

[...]

AO

Les banques françaises ont des milliards, et je suis sûre que d'autres banques européennes sont dans ce cas, ont des milliards d'actifs qui peuvent leur servir de collatéraux, c'est-à-dire de gages en quelques sortes, pour emprunter, bien sûr auprès de la Banque Centrale, mais pas seulement auprès de la Banque Centrale, auprès de toutes les autres contreparties dans le marché. Donc il n'y a pas de crainte à avoir.

HC

Je reviens un instant sur le financement des entreprises, vous disiez, d'un point de vue macroéconomique, c'est vrai que le système, c'est ce que nous disait Augustin de ROMANET, c'est vrai que le système européen est très différent du financement américain, là où les marchés financiers jouent un rôle beaucoup beaucoup plus important. Il n'en demeure pas moins qu'en France, nous ici, par exemple à BFM, on voit défiler énormément de chefs d'entreprises, ils nous disent tous que là il y a une vraie vraie tension avec les banquiers qui devant ce qu'on leur reproche, notamment, sont en train de serrer le robinet des crédits. Beaucoup de témoignages.

AO

Ecoutez, ça n'apparaît vraiment pas dans les chiffres puisque les PME voient l'encours qui leur est destiné, augmenter de 4,5%, c'est bien supérieur à la croissance. Donc vous voyez qu'on continue, en France, à servir les entreprises, et notamment les plus petites d'entre elles. Alors maintenant, qu'il y ait l'un ou l'autre problème, cela est possible, c'est un ressenti. Vous savez, nous organisons fréquemment des rencontres avec les PME, et bien nous allons écouter.

[...]

HC

Les banques françaises, toutes les banques françaises, puisque vous les représentez AO, ça sera le mot de la fin, vous êtes favorable à des euro-obligations ?

AO

Nous n'avons pas pris une position en tant que Fédération, nous pensons que, à un certain moment, c'est probablement une solution qui devra être envisagée, mais il faut, avant, qu'il y ait suffisamment d'ordre dans les finances publiques des différents Etats membres.

[...]

 
 
 
 
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