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29 juillet 2013

Jean-Paul CHIFFLET, Président de la FBF

Retrouvez des extraits de l'interview de Jean-Paul Chifflet, Président de la FBF, dans les Echos du 29 juillet 2013.

 

Dans quel état d’esprit achevez-vous votre mandat à la tête de la FBF ?

La situation économique reste préoccupante. La France devrait enregistrer une croissance nulle en 2013 et légèrement positive en 2014. La consommation des ménages résiste. Quant aux entreprises, elles n'ont pas encore retrouvé la compétitivité qui leur fait cruellement défaut car le niveau de leurs charges reste trop élevé. [ ...] Dans ce contexte, il faut éviter une nouvelle dégradation de la note de la France à l'automne, qui aurait un impact direct sur les banques françaises et sur leur capacité à financer l'économie.

Celles-ci ne sont-elles pas mieux armées qu’il y a un an ?

Les banques ont subi une avalanche de nouvelles règles prudentielles et fiscales auxquelles elles se sont pliées. Mais il faut faire attention : ces contraintes s'accumulant, les établissements bancaires risquent de ne plus pouvoir exercer leur métier. Depuis la crise, nous n'avons pas cessé de financer l'économie. Nos encours de crédit ont progressé à un rythme supérieur à celui du produit intérieur brut. En 2012, les banques ont accordé 240 milliards d'euros de crédits aux entreprises. C'est dix fois le volume de prêts de la Caisse des dépôts et près de trente fois celui de la BPI. Ce sont les banques qui financent l'économie. La surenchère de taxes punitives dont elles font l'objet met leur compétitivité à mal : en 2012, elles ont acquitté 9 milliards d'euros de taxes et d'impôts, c'est énorme ! [ ...]

François Hollande semble en effet avoir été sensible à vos arguments en ce qui concerne la liquidité...

Ce sujet a beaucoup occupé mon mandat car la liquidité est le carburant des banques. Pas de liquidité, pas de crédit ! En France, nous affichons un encours de 1950 milliards d'euros de crédits pour 1650 milliards d'euros de dépôts bancaires. La différence, nous allons la chercher sur les marchés. Or l'augmentation de la fiscalité française, ajoutée au relèvement des plafonds du livret A et du livret de développement durable, dont les dépôts sont centralisés à 65 % à la Caisse des dépôts, ont accru ce déséquilibre. Dans le même temps, la Caisse n'utilise pas l'excédent de liquidités dont elle a hérité : au total elle affiche un excédent de 110 milliards d'euros. De ce montant, le Président de la République a promis que 50 milliards d'euros nous seraient restitués d'ici la fin de l'année afin que nous puissions continuer à financer l'économie. C'est la clé de la reprise dont notre pays a tant besoin. [ ...]

Pensez-vous que les banques soient en revanche sorties d’affaire en matière de fonds propres ?

Nous avons fait un effort considérable : nous avons doublé le niveau de nos fonds propres en quelques années. Aller plus loin serait préjudiciable car plus une banque a de fonds propres, plus son résultat net doit augmenter aussi pour maintenir une rentabilité acceptable. Il y a un équilibre à trouver pour ne pas handicaper les banques. Le débat se déplace maintenant vers le ratio de levier qui rapporte les fonds propres d'une banque à tous ses actifs sans tenir compte de leur qualité. C'est un sujet à suivre de près : ce ratio pourrait aboutir à un durcissement des exigences de fonds propres ou à de nouveaux arbitrages. [ ...]

 
 
 
 
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