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24 mars 2014

Fonds de résolution : "La contribution de nos banques ne doit pas dépasser 10 milliards d'euros"


Extraits de l'interview de Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF, parue dans Les Echos le 24 mars 2014.

 

La distribution de crédit aux entreprises reste positive en France. Mais retrouvera-t-on un jour un rythme de progression plus important ?

Tous les réseaux bancaires sont mobilisés pour financer les projets des entreprises, notamment des PME. Actuellement, environ 8 demandes de crédit sur 10 obtiennent satisfaction. Les encours de crédit aux PME progressent à un rythme de 0,8% sur un an, fin janvier. [...]

Après le tsunami réglementaire qu'elles ont traversé, les banques seront-elles capables de répondre à la demande lorsqu'elle repartira ?

Elles répondront présent mais il faut leur en laisser les moyens. Pour desserrer l'étau réglementaire, la place cherche donc à innover. Par exemple, un travail est en cours, piloté par la Banque de France, pour faciliter la titrisation de créances immobilières et les sortir du bilan bancaire. Le financement par le marché monte aussi en puissance. Cela nous rend vigilants à tous les projets qui pourraient pénaliser la capacité des banques à accompagner leurs clients sur les marchés, comme la Taxe sur les Transactions Financières européenne (TTFE) ou la proposition de la Commission européenne conduisant à filialiser les activités de tenue de marché. Après les élections européennes, il faut que la Commission et le nouveau Parlement reprennent ce texte à zéro et s'inspirent davantage de ce qui existe dans les différents pays européens.

Le fonds de résolution des faillites bancaires européen est-il bien calibré ?

[...] Mais dans ce dispositif, le fonds de résolution est un outil qui n'est censé être utilisé qu'en dernier recours puisqu'un mécanisme préalable de renflouement interne des banques en difficulté est déjà prévu. Il faut donc bien prendre en compte la charge que représente pour les banques la mise en place de ce fonds. Si on exige d'elles qu'elles atteignent trop vite le montant cible de 55 milliards d'euros, le financement de l'économie en pâtira. J'ai en outre une vraie inquiétude sur la répartition de cette charge entre les secteurs bancaires européens et les risques de distorsion de concurrence que cela pourrait entraîner.

Quelles serait le niveau de contribution acceptable pour la France ?

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a estimé à 10 milliards d'euros le montant que les banques françaises devraient apporter au fonds de résolution. Il n'y a pas de raison que leur contribution soit supérieure dans un cadre européen, en particulier si le mécanisme de contribution reflète bien le risque, comme il se doit.

Pour être crédible, le grand bilan de santé des banques européennes mené par la BCE doit-il faire des victimes ?

[...] Nous n'avons en tout cas pas d'inquiétude pour les banques françaises. Notre crainte est surtout que des sujets demandant une analyse nuancée du fait des spécificités nationales ne fassent l'objet de raccourcis faute de temps. Je pense par exemple à la façon dont le crédit immobilier français qui est très peu risqué, pourrait être traité. Si on lui applique la moyenne des risques de ce type de prêt en Europe, on risque de pénaliser injustement les établissements de l'Hexagone.

 
 
 
 
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