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25 octobre 2011

"Accepter le cas échéant, une décote jusqu'à 40%, 50%"

Retrouvez les extraits de l'interview de Frédéric Oudéa sur BFM TV le 24 octobre 2011 à 19 heures.

 

[...]

RUTH ELKRIEF :

Alors justement, les banques, elles sont attaquées de toutes parts. Il y a un problème de confiance des clients, il y a des questions sur la recapitalisation nécessaire ou pas mais ce qui frappe quand même, c'est une certaine opacité voilà. Je me souviens, au début il y a quelques semaines, on disait, enfin Christine LAGARDE disait : il faut recapitaliser les banques françaises. Ouh là là quelle horreur, n'avait-elle pas dit ! C'était un complot américain et puis tout à coup, on en reparle. Entre-temps, on a eu l'impression qu'on ne nous a pas dit la vérité.


FREDERIC OUDEA :

D'abord, la banque, c'est un peu compliqué et au fond, les gens ont du mal à savoir comment ça fonctionne. Je voudrais juste dire du point de vue de la confiance que la confiance, elle reste très bonne finalement sur le terrain, dans les agences avec son conseiller. Tous les sondages le montrent et puis en même temps, il y a la question de la confiance dans les institutions, les banques mais le sommet. Alors, juste une banque, deux mots si vous me le permettez, je voudrais expliquer ce que c'est. Moi, je prends la comparaison avec une voiture. Une banque, elle a besoin de deux ressources financières ; il y a d'abord le capital, c'est un peu l'airbag de la voiture, c'est ce qui protège en cas d'accident grave. Et puis il y a une deuxième chose qui s'appelle la liquidité qui est l'essence de la voiture. Pour prêter, nous ne créons pas de monnaie ; pour prêter, nous allons chercher des ressources. Ce sont les dépôts des Français et 100% des dépôts des Français financent l'économie française.


RE : Oui, on dit aussi qu'ils sont là pour être joués sur les marchés financiers, que ...


FO : Ca, c'est faux justement parce qu'en fait, en pratique, il y a plus de crédits faits aux particuliers français, aux PME françaises que de dépôts dans nos bilans. Donc il n'y a pas un centime qui va financer la spéculation et au contraire, on a même besoin d'aller compléter les ressources en allant emprunter nous-mêmes des ressources pour financer l'économie française.



RE : Alors, on va revenir évidemment sur le rapport des clients aux banques mais revenons sur les questions institutionnelles parce qu'elles sont au coeur de la crise de la zone euro. Depuis 24 heures, là, on dit il faut recapitaliser les banques européennes, elles sont exposées au risque de la dette grecque et concrètement d'abord, premièrement, de combien est-ce qu'il faudrait que vous recapitalisiez, vous, les banques françaises et peut-être précisément la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE qui, comme les autres, est exposée à la dette grecque ?


FO : D'abord, ce qu'il faut comprendre, c'est que les banques françaises n'ont jamais été aujourd'hui aussi solides, elles sont plus solides que par le passé. Elles n'ont cessé au cours des trois dernières années d'accumuler ce fameux capital, ce matelas de sécurité en gardant leurs résultats. Quand on parle d'ailleurs de recapitalisation, le mot est impropre ; les banques françaises en l'occurrence peuvent parfaitement absorber toute perte sur la Grèce, sur la dette grecque sans problème de capital. Pour vous donner un ordre de grandeur, la somme totale des expositions sur la dette souveraine grecque est inférieure à nos profits sur les six premiers mois de l'année.


RE : Oui mais ...


FO : Donc on peut continuer à être profitable même en absorbant une perte ...


RE : Mais concrètement, vous aurez peut-être besoin quand même de cette recapitalisation dont on va voir les modalités parce que vous allez accepter une décote de la dette grecque ?

[...]


FO : Nous sommes prêts à contribuer et nous sommes prêts à accepter le cas échéant des décotes qui vont aller jusqu'à 40 ou 50%. Nous disons simplement : attention, si on va trop loin, ce qui va être fait sur la Grèce, les gens vont considérer que ça va être fait sur l'Italie et c'est là où il y a cet effet de contagion. Donc le sujet n'est pas l'impact direct d'une perte de 40 % ...

Nous sommes, nous, banques françaises complètement d'accord pour valeur l'idée d'un plan volontaire où on contribue à traiter la dette grecque de manière durable. S'il faut faire plus que le 21, on est prêt à le faire.


RE :Jusqu'à 40, 50,60 ?


FO : Jusqu'à 40, 50%. Je crois que 50%, c'est un seuil qu'il ne faudrait pas dépasser parce que au-delà, là, je crois qu'il y a un effet de contagion et de perception d'un effort qui paraît très important. Donc on est prêt à faire un effort supplémentaire mais il faut qu'il soit proportionné. Ensuite, le vrai sujet, c'est de dire, de rassurer les gens en disant : mais attention, la Grèce est un exemple unique. Il n'y aura pas d'autre Grèce.

Mais je note si vous voulez que tous les volets nécessaires, à savoir le dossier, traiter le dossier grec, deuxièmement renforcer le FESF, le fameux Fonds ...


RE : Dans ces cas-là, on dit, vous dites, vous, on ne veut pas d'argent de l'Etat. Vous dites aussi peut-être ...alors on peut se fournir sur les marchés ou alors est-ce que l'on va réduire ses bilans, on va liquider des actifs et on va réduire les crédits aux entreprises et comme cela, du coup, on est recapitalisé ?


FO : Non, ça, on va continuer à financer l'économie française et on le fait ; la croissance de nos crédits est aujourd'hui de 6% par rapport à l'année dernière et nous avons, nous sommes proches de nos clients, nous avons envie de financer l'économie française. On est tout à fait responsable de cela. Donc ce que l'on dit, c'est : écoutez, il y a trois ans, on a été emprunter de l'argent public, on a remboursé ; aujourd'hui, nous pensons que nous avons les moyens avec nos résultats, avec notre capacité de garder le cas échéant une partie très importante de ces résultats de faire face à cette demande supplémentaire.


RE : Mais toujours sans aucune aide de l'État ?


FO : Oui, tout à fait et le cas échéant, d'aller y compris sur le marché parce que l'on a des banques crédibles mais pourquoi, allez nous on ne demande pas de l'argent public, alors que cet argent public peut être utilisé dans d'autres secteurs, nous sommes aujourd'hui des banques solides, profitables. On est capable par nos propres moyens d'accumuler ces réserves au fur et à mesure.

[...]

 
 
 
 
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