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18 juillet 2014

"Le bon grain et l'ivraie : Supprimer la taxe sur les salaires"

Extraits de l'article de Frédéric Gonand, professeur d'économie associé à l'Université Paris Dauphine, dans L'Opinion du 17 juillet 2014.

 

La taxe sur les salaires est un impôt progressif sur la masse salariale versé notamment par les banques et les assurances. Payée en plus des cotisations sociales, elle représente un surcoût moyen d'environ 12% de la rémunération brute. Sa survivance dans le secteur financier constitue une anomalie au vu des souhaits actuels de modérer le coût du travail, et un handicap dans un contexte concurrentiel très internationalisé.

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La recherche économique déconseille d'appliquer des barèmes progressifs pour les impôts. Il est préférable d'appliquer des taxes à taux constants pour limiter les effets distorsifs sur l'activité. La création récente d'une tranche à 20% de la taxe sur les (hauts) salaires va donc dans le mauvais sens. Elle pèse sur la compétitivité de la place financière de Paris et sa capacité à retenir les plus hauts potentiels.

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La tranche marginale de la taxe sur les salaires menace aussi l'emploi des salariés moins qualifiés qui travaillent dans les fonctions d'exploitation bancaire et d'assurance. Elle favorise en effet une substitution du capital au travail qui menace surtout les emplois faiblement qualifiés et peut accélérer les délocalisations de cette catégorie d'emplois vers des pays à bas salaires.

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Au total, le taux de la taxe sur les salaires devrait être sensiblement diminué pour les hauts salaires - pour défendre la compétitivité de la place financière parisienne et stimuler la productivité moyenne du travail en France. Le taux de la taxe sur les salaires devrait aussi être sensiblement diminué pour les bas salaires - pour préserver l'emploi de cette catégorie de salariés. Et la taxe sur les salaires devrait être rendue nettement moins progressive - pour éviter les trappes à faible productivité du travail qui pèsent sur la croissance.


Concrètement, une mesure existe qui permettrait de réaliser ces trois objectifs simultanément : la suppression complète de la taxe sur les salaires dans le secteur financier.




*Frédéric Gonand est professeur d'économie associé à l'Université Paris-Dauphine.

 
 
 
 
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